Il est armé de deux machettes et provoque un vrai mouvement de panique. Chaque hivernage, le Kankourang est de sortie dans plusieurs villes du Sénégal. Mbour surtout, mais aussi Ziguinchor. Par chance, on est tombé sur une cérémonie près de la gare des taxi-brousses de la capitale de la Casamance.
Dans la culture mandingue, ethnie présente en Gambie et au sud du Sénégal, le Kankourang est l’esprit protecteur du bois sacré, où les jeunes garçons passent leur initiation à la vie d’homme, avant et après leur circoncision. Au cours de leur séjour de plusieurs jours, le Kankourang les protège.
Pendant sa sortie, le Kankourang est accompagné d’hommes déjà initiés. Bâtons et feuilles de rônier du bois sacrés en main, ils marquent la cadence de leurs tambours, de leurs chants. Les bruits des deux machettes du Kankourang qui s’entrechoquent et ses danses frénétiques provoquent la crainte et un peu d’amusement dans les rangs des suivants (femmes et non circoncis).
Même si le rituel a tendance à disparaître, conséquence de l’urbanisation grandissante du pays, comme l’explique l’Unesco, les initiés tiennent à préserver la part de sacré et de mystère de la cérémonie. Au besoin en tentant d’éloigner les curieux. En prenant discrètement quelques photos et du son, nous avons rapidement provoqué l’ire du Kankourang. Et on peut témoigner : le Kankourang fait vraiment peur. Quand il marche vers vous l’air bien décidé à vous couper en deux, on oublie vite que c’est un masque et on court!
PS : le gros plan du visage du Kankourang a été pris par notre gentil ami Guillaume Marsouin, au péril de sa vie et surtout de sa paire de Ray-Ban.
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